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Histoire et Généalogie email : voir adresse sur le lien généanet

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Faillite Richefeu en 1831

Observations sur le mémoire :

Des observations sur un mémoire, imprimé, se trouve dans les archives Cordonnier aux ADs, on y apprend quelques détails de l'histoire :

Ce mémoire a été publié à la demande de madame veuve Jean Marie Philippon propriétaire à Paris, Jean Marie Payart propriétaire au Mans et Bourdel propriétaire au Mans et tous créanciers de Richefeu père. Des observations sont faites pour les syndics de la faillite Richefeu, Jean Baptiste Richefeu fils, Pierre Michel Rousseau marchand à Fresnay, Prosper Voisin, marchand de meuble au Mans et créanciers de la société Richefeu.

Il est dit que :

"Les insinuations les plus perfides, les imputations les plus graves ont été mises en avant dans un factum publié sous le titre de mémoires à consulter. Contre Richefeu fils, les accusations de banqueroute frauduleuse ; contre sa mère, celles de complicité ; contre les syndics, celles de mauvaise foi ; contre les juges, celles d'ignorance et de partialité sont prodiguées presqu'à chaque page.

Ainsi la dame Philippon et consorts veulent-ils présenter Richefeu fils comme un banqueroutier frauduleux, ils affirment .... que Richefeu fils, pour se les approprier, a fait disparaître depuis la mort de son père tous les livres de commerce de la société .... ont ils besoin de faire croire que la société se livrait à des dépenses excessives, ils disent que cette société, et Richefeu père en particulier, employaient des sommes considérables en riches ameublements  et surtout en constructions ...... ils faisaient construire des espèces de palais...... Cependant quant à l'ameublement, l'inventaire est là pour leur donner un démenti, et quant aux palais, nous leur portons le défi de prouver que Richefeu père, pendant sa vie ait fait construire autre chose qu'une remise et une écurie, encore cette dépense remonte-t'elle à sept ou huit ans.

Richefeu père autrefois avait fait le commerce de fer, mais il l'avait cessé en 1816, et tout le monde sait au Mans que, depuis cette époque jusqu'en 1830, il est resté étranger à toute spéculation commerciale, nous portons donc à nos adversaires le défi de justifier d'un seul acte d'achat ou de vente de toiles avant le 04/12/1829, comme le constatent les livres inventoriés qui ne sont que la continuation des anciens registres du marchand de fer.
C'est au surplus un fait si connu, que personne au Mans n'eût osé dire le contraire, Richefeu père a commencé le commerce de toiles quand il est allé s'établir à Bouches de l'Huisne avec son fils au 01/01/1830, époque où le bail commença à courir.

Richefeu père épousa en 1808 la demoiselle Douet dont la fortune devait un jour s'élever à 150,000 francs environ, la dot ne fut pas en rapport avec d'aussi belles espérances. Richefeu faisait alors au Mans le commerce des fers qu'il a quitté en 1816 après avoir éprouvé des pertes considérables, pour éviter la honte d'une faillite, il fallait payer, et ne trouvant pas de ressources dans la fortune de sa femme, puisque Monsieur Douet n'est mort qu'en 1824, il eut recours à des emprunts. Bientôt les intérêts des sommes empruntées vinrent augmenter sa gêne et le capital de ses dettes ; son crédit s'altérant de plus en plus, il finit par devenir la proie des usuriers, dont l'audace s'accrût en proportion de ses besoins. De là, de nombreux billets qu'il renouvelait successivement aux conditions les plus onéreuses.

C'est dans cet état de détresse qu'il se trouvait en 1829, lorsque, dans l'espoir de rappeler la fortune, il eut la pensée de tenter de nouveau les chances du commerce. Mais il fallait des avances et il était sans argent et sans crédit. Les 30,000 francs tombés dans la communauté du chef de sa femme étaient consommés, celle-ci était déjà venue à son secours, mais ne voulait plus s'obliger. Pour l'amener donc à faire de nouveaux sacrifices, il lui persuada de fonder pour son fils un établissement dont elle ferait les frais en empruntant sur des biens personnels.

Elle possédait encore une fortune personnelle de 120,000 Francs, elle promit donc de faire des emprunts nécessaires pour mettre son fils en état de fonder à Bouches de l'Huisne, une fabrique de savon noir et une blanchisserie de toile ; à ce double genre de commerce on devait joindre celui des toiles. Mais Richefeu fils, à peine majeur à cette époque, étranger au commerce, ne pouvait prendre seul la direction d'un pareil établissement. Son père deviendra son guide sous le titre d'associé. Tels furent les arrangements auxquels Madame Richefeu souscrivit dans l'intérêt de son fils. La maison de Bouches de l'Huisne, située à une ½ lieue de la ville du Mans, fut prise à Loyer de M Jarossay, pour 1,200 Franc et pour 12 ans qui commencèrent à courir du premier janvier 1830.

Au mois d'octobre 1830, Richefeu père était à Paris, lorsque le bruit de sa mort vient se répandre au Mans, quelques Créanciers alarmés par cet évènement s'empressent de le faire déclarer en faillite par jugement du 27 du même mois.
Bientôt, et dès le 2 novembre suivant,  un second jugement déclare aussi le fils en faillite comme associé de son père, et joint les deux faillites pour être administrées par les mêmes Syndics sous la surveillance du même commissaire.

L'établissement de Bouches de l'Huisne n'existe plus depuis la fallite. Il (Richefeu fils) n'exerce plus aucune industrie. Que sera pour lui l'avenir? Il l'ignore. Ce qu'il sait, c'est que personnellement il n'a pas pour un centime de patrimoine. Il a été obligé de renoncer à la succession de son père en même temps que sa mère a renoncé à la communauté.

Cette mère si généreuse, si confiante et si calomniée par les adversaires, est elle en position de venir à son secours ? faisons pour elle le calcul de ses pertes, et voyons si toutes dettes payées il lui restera un asile ?

Son apport en mariage était de 10,000 Francs ainsi que le constate son contrat de mariage passé devant maître Cornilleau notaire à Teloché, le 04/09/1808. Elle a reçu depuis un supplément de dot de 10,000 Francs, ainsi que le constatent et la quittance de cette somme donnée par son mari et l'acte de liquidation des successions de ses père et mère, par cet acte de liquidation du 4 et 5 janvier 1825 passé devant maître Couronne notaire à Ecommoy, il est encore constaté qu'il lui est encore revenu un capital mobilier de 13, 352 Francs 50 centimes tombé dans la communauté. Par le résultat du partage de ces mêmes successions dressé par maître Rameau, notaire à Ecommoy le 4 mai et le 7 juin 1825 il lui est échu en immeuble (avec liste : Métairie de la Bellangerie, celle d'Epeigné, portion de terre à Teloché, le pré du Pressoir, le bordage du Fougeray, le bordage des Chemins, la maison de maître de la Gonterie, la métairie de la Gonterie, un pré près du bourg de St Mars, le bordage de la haute Chesnais, la pièce des Faux, le Champ du Bois, un pré près du moulin de Corlévé, le moulin de Corlevé, le pré de Pérouse, la lande et sapinière de Grammont, le lieu de la Rouzière, deux maisons et jardins près le lieu de la Rouzière, une portion de taillis près des Ardrillers, le petit taillis de Boyère et de la Vigne, une maison au bourg de Teloché, une terre près de Teloché) pour la somme de 154,972 Francs 50 centimes moins en argent 33,352 francs. Quant à sa capitaux elle aurait bien le droit d'en exercer la reprise aux termes de son contrat de mariage, à raison de la renonciation qu'elle a faite à sa communaute. Mais elle n'a pas d'hypothèques légales à exercer, parce que son mari qui était négociant n'avait pas de biens propres au moment de son mariage. Elle n'est donc que créancière chirographaire de la succession insolvable de Richefeu son mari pour ces 33,352 francs. Déjà pour payer les intérêts  arrièrés lors du décès de Richefeu père, ceux courus depuis, et enfin partie des capitaux des dettes pour lesquelles elle s'était obligée solidairement avec son mari, avec hypothèques sur ses immeubles propres, elle a vendu pour 54,540 Francs de ces mêmes immeubles, suivant procès verbal d'adjudication dressé par le notaire de St Mars d'Outillé le 20/05/1832 aux sieurs Freulon, Chevalier, Gasselin et autres.

Sa dette était de 105,00 francs, dont elle a remboursé 51,540 francs, il lui reste 70,080 francs en immeubles, il lui resterait donc après sa dette 16,620 Francs, qui à 3% de revenu au plus lui donnerait 430 francs de rente par an."

C'est le récit d'une quasi débâcle économique.


Les archives Cordonnier nous donnent encore quelques éléments sur Jean Baptiste Richefeu et sa famille :

le 06/09/1808 Jean Baptiste Richefeu fils reconnait que son père Louis Richefeu lui avait promis la somme de 8,000 francs et que cette somme est réduite à 3,000 francs au vu que sa soeur Marie et que son frère Louis Alexis n'ont eu que 3,000 Francs.

Le 14/09/1810 Jean Baptiste Richefeu reconnaît avoir reçu de monsieur Douet son beau-père la somme de 4,000 Livres pour le restant de son mariage.

Le 25/04/1825 la veuve Voisin a déconfectionné et confectionné des rideaux pour le salon de St Mars et le 22/05/1825 la veuve Voisin a drappé deux draperies sur du bâton pour la campagne.

NB : ces deux informations indiquent que le couple Richefeu-Douet a habité la maison de la Gonterie à st Mars d'Outillé.

Son ami Thoré qui habite au 107 rue Richelieu à Paris lui adresse quelques lettres :

Le 30/10/1828 : "ton fils qui dîne avec moi ce soir me sert de secrétaire, il est bien impatient de recevoir de tes nouvelles et de celles de sa chère mère, il vous embrasse tous les deux ainsi que ton ami pour la vie, signé Thoré"

Le 30/11/1828 : "ton fils est venu me parler de leçons d'écriture sous la dictée, il ne peut apprendre défaisant le soir ce qu'il aurait appris le matin, ça lui fera d'ailleurs une occupation lorsqu'il sera chez toi et ne faisant que ce genre d'écriture et s'exerçant il sera plus habile chez toi dans un mois qu'il ne le sera dans six, obligé d'écrire ses devoirs de français pour lesquels on ne regarde pas à l'écriture. Combien je serai flatté, mon excellent ami de te voir près de moi encore dans mon opération, car j'espère qu'elle sera faite cette semaine, aussi ton lit t'attend toujours, as tu mi coco au cabriolet, s'il en est ainsi pourrais tu me l'amener avec mon garçon mais surtout ne vous en servez pas si vous pensiez qu'il y ait le moindre danger, le tout restera au Mans. Dormet aura une voiture à renvoyer à Paris, vous pourriez vous en arranger si vous étiez plusieurs à venir ici, car il lui en coûtera bien de l'argent pour la renvoyer".

le 04/12/1828 : "tu ne me dis rien de ton fils qui va venir dîner et à qui je vais remettre ta lettre à son adresse, aurais tu été fâché de mes observations, j'en serai contrarié mais tu sais que j'ai l'habitude de dire ce que je pense".

le 12/12/1828 : "ton fils est venu dîner et à dû retourner de suite à son institution, il avait grand besoin d'une mercuriale et je suis certain que la tienne a produit le meilleur effet, tu seras content de lui à son arrivée, tu sais que ton lit est chez moi".

en 1829 : "je te remercie pour les excélents marrons envoyé par la berline" (ces châtaignes viennent peut être de la Gonterie).

Enfin une lettre qui doit être de 1829, Richefeu père écrit (ce doit être un brouillon) à monsieur le baron de Boeck conservateur des eaux et forêts pour : "Jean Baptiste Richefeu agé de 20 ans, ayant fait ses études dans les meilleurs pensions de Paris, sollicite de votre bonté la première place vacante parmi les gardes à cheval de votre conservatoire..... Une autre caution est encore la fortune de son père qui consiste pour la plus grande partie en biens territoriaux" (!).


Fin de l'article


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